Autisme musique : Au Diapason Auteur JC VERDIN Avril
2003 TELECHARGER LE DOCUMENT format Word7
AU DIAPASON !
Ceci s'adresse : A ces enfants qui ne peuvent parler, A ceux qui les aiment, Au musicien ... |
Je leur dis :
N'ai pas peur que l'on ne puisse t'entendre , Installe toi avec ton instrument où cela résonne . Même le Père Noël ne peut accéder à tous nos désirs ; Tu ne peux pas faire mieux. Ta musique ne sera jamais parfaite Ose la proposer tout de même , dans la foule, Il y toujours quelqu;un qui t'écoute . Le silence qui t'environne n'est pas hostile, il ne va pas t'avaler . C'est ce silence qu'il faut imposer , tu ne peux couvrir tout ce bruit . » |
Autisme
musique : Au Diapason Auteur JC VERDIN Avril 2003 TELECHARGER LE DOCUMENT format
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lL s'agit de la rencontre entre l'enfant et le musicien... Ce que le musicien a vu, il veut vous le faire entendre Engagé dans la relation d'aide sous la forme d'accueil familial, j'ai été en contact avec la souffrance. Pour tous les cas, sans exception, la condition pour aider à identifier les moyens d';action est de disposer de capacité d'écoute, d'entendement, d'oreille. Lorsque les mots sont impossibles ou impuissants, la musique vient à notre secours ; c'est cette musique, que j'ai proposée et que je vous invite à découvrir. Les enfants en question sont définis comme autistes, psychotiques, retardés mentaux ou inadaptés sociaux .Ils entretiennent tous avec leur sens de l'ouïe une relation surprenante. Cette relation peut être apparemment inexistant , ou particulièrement intense. Chez tous, j'ai constaté un fort intérêt pour la musique. Je considère certains comme de vrais musiciens. Ils tiennent donc une grande place dans ma vie de musicien : ils m'enseignent. Trouver ce moyen de communication avec eux a plusieurs effets : Ils peuvent m';exposer leur message. Ce message est au préalable, invariablement, l'expression de leur détresse, la musique me permet de leur donner ma réponse : je t'entends ... écoute !... Ceux qui les aiment doivent continuellement faire face à leurs propres limites ; la musique est un moyen de repousser ces limites. Les aimer, c'est vouloir leur proposer ce qu'il y a de mieux pour les nourrir, les protéger, les enseigner. e veux vous présenter ce que j'ai trouvé, de façon intuitive : Quelques définitions issues de ce vécu La présentation d'une méthode basée sur l'interprétation et l'écoute musicale définie comme écoute active. Le contrôle des conditions de la rencontre entre vous, l'enfant et le musicien que vous êtes ou que vous pouvez « libérer » en vous. L'illustration par mes observations, avec les surprises qu'elles suscitent. Une approche de quelques oeuvres utilisées dans ce cadre. CE QUE JE VOUDRAIS Créer un outils mettant en évidence la nature des capacités de musiciens de ces enfants pour mieux les connaître et savoir répondre à leur demande, à identifier leur capacité, leur talent, peut-être leur génie musical, leur apprendre à s'en servir, Que vous expérimentiez cette méthode et que vous m'aidiez à l'améliorer, Emmener ces enfants au concert, à des master class, leur faire rencontrer des musiciens de haut niveau, les faire assister à des séances de travail, Vous convaincre d'apprendre à jouer de la guitare ( ou d'un autre instrument ), vous donner des cours de guitare, pourquoi pas devant eux ? Faire savoir aux musiciens qu'ils ont peut être là leur meilleur public, le plus exigent, mais le moins hypocrite, Que ces enfant peuvent aider les musiciens dans leur pratique en particulier en ce qui concerne le trac et la difficulté de jouer en public. Mais surtout, que jamais aucun d'eux ne soit privé de musique ... |
PRESENTATION Page 4 Je ne suis qu'un musicien / Les rencontres / L'enfant et le musicien / Que révèle la musique ? COMMUNIQUER PAR LE SON, LA MUSIQUE ET LE RYTHME ? 6 Langage ou langages ? Communiquer avec les enfants seuls : but recherché Introduction à la METHODE 9 L'écoute active / Jouer /Le diapason / Le monocorde / Identifier et créer un « fond » Attention !/ La berceuse / Le chant de guerre / Les marches funèbres / Points de contact LES CONDITIONS 16 Un moment d'exception / Périodicité / L'environnement / Le geste Les difficultés / Les sourdines / La famille / « What a wonderful world » Jouez ! / La rencontre / Maintenant que vous êtes musicien LA METHODE 22 Forme schématique A nous de jouer : Revenons à La berceuse / Etablir le contact / Piano et Forte Construction musicale / Perception du son / Le temps Rocky / Les chants de Noël / Le contenu du message / Le call and respond / L'attente / La surprise / Travailler devant lui / Les sourdines / Le métronome / Quelques trucs / Les répertoires : Acquisition du langage / Le contre pied / Le silence En annexe 38 Ma musique, mon métier L'OUTILS Détachable A partir d';un enregistrement d'arrangements à la guitare, nous commençons le voyage les uns vers les autres, par le jeu musical, l'écoute active, le chant et la pratique « au diapason ! » JE NE SUIS QU'UN MUSICIEN La musique est dans ma vie, je pratique la musique, je la cherche et la trouve partout. Mon parcours est solitaire ; je ne suis pas né au milieu des musiciens, je n'ai pas fait le conservatoire, j'ai très peu de connaissances théoriques. Comme je n'ai pas de talent particulier, ce que je sais, je l'ai arraché en force. Mais que de merveilles : je peux voyager dans le temps, connaître des pays lointains, très lointains et pourtant si proches de moi, de nous. Je suis resté incapable pendant plusieurs années de jouer devant quelqu'un. Ne pas pouvoir partager tant de bonheur est très douloureux. Plusieurs rencontres vont être déterminantes. Nous allons accueillir chez nous pendant plusieurs années des personnes en difficulté ; cas sociaux, toxicomanes, enfants « différents » ( Merci de noter que « différent » n'est pas ici qu'une expression politiquement correcte). La pratique instrumentale quotidienne est vitale pour moi. Je dois donc jouer en présence de nos pensionnaires, je reste sans intention de chercher un auditeur et continue à travailler dans ma solitude. Cette solitude est rompue par l'écoute de ces personnes que nous accueillons, elles viennent à moi. Je sais qu'elles m'entendent. Tout ce que j'ai appris jusqu'alors revêt une dimension nouvelle : je peux le communiquer ! Je peux briser l'solement : le mien et le leur. Plus il leur est difficile, voir impossible de parler, plus ils entendent ma musique et plus je les entends dans leur solitude. Pour lui , ce sera la pudeur : il est adulte, profondément blessé, dépendant de son produit ( sa sourdine chimique ) , nous écoutons ensemble la Passion selon St Mathieu de Bach. Il découvre la force du pardon, les larmes de Pierre, le jugement de Pilate ... la douleur, sa douleur exprimée. Un autre, une vraie brute perverse, fond en larme en écoutant une chanson ; quelle porte s'est ouverte ? Pour cet enfant au réveil douloureux, la paix en quelques notes de guitare, pour cet autre, entendre à sept ans sa vrai voix pour la première fois. Ces rencontres m'ont permis d'élargir cette communication, ou au moins de tenter de le faire avec tous. Ce n'est pas toujours possible ; bien sûr cela peut venir de moi, je n'entends pas le « retour ». Le plus souvent ce n'est qu'une question d'instant ; ce n'est pas « le moment ». Je sais que mon auditeur a sa pudeur, que je ne peux, ne dois pas la forcer. J'ai eu le privilège de rencontrer à cette époque Esther Lamandier et de profiter de son enseignement sous la forme d'un atelier chant : le chant des origines : le souffle. Parfois, une seule note peut percer l'isolement, cette note je la propose, c'est tout. J'ai appris à mes dépends que la performance technique n'a aucun intérêt. Il est des publics parfaitement indifférents dans lesquels il suffit d'une seule personne réceptive pour que la magie opère, de même un regard malveillant (cela existe ...) est paralysant. Sentir le souffle contenu d'un public à l'écoute de ma musique me dispense une « chaleur » qui n'a pas d'équivalent ; cela me donne des ailes. Alors la musique a crée le silence... J'ai assisté à beaucoup de concerts ; depuis le hard rock jusqu'à la musique baroque en passant par la musique symphonique et le grand opéra. Toujours cette même perception : la qualité d'écoute du public est déterminant dans l'ntensité du message. Que dire de ces salles de concert qui ne servent qu'à l'expression de conventions sociales ( que cela soit de la variété ou du Wagner) où s'agite un public dissipé, ou bêtement critique ! Que peut-il se produire ? A l'opposé, on peut vivre de véritables moments de grâce quand musiciens et public communient, communiquent... J'ai eu l'occasion d'enseigner la pratique de la guitare. Très souvent pour les premiers pas, mais aussi d'être sollicité par d"autres musiciens cherchant à progresser. Un seul principe : la musique doit être un plaisir dès la première note ; c'est ce plaisir qui va nous procurer la force d'entreprendre à un travail , un effort physique , un effort dans le temps ... Je ne vois pas de différence en cela entre l'enfant autistique qui prononce ses premières voyelles et le musicien « élaboré » qui cherche à percer le secret d'une fugue... Mais que révèle donc la musique ? Ma musique doit être la musique du coeur L'intention est primordiale. Ce ne sera ni un exploit, ni une démonstration de virtuosité, ni une joute. Ce sera peut être une seule note, venant de l'intérieur, exprimée avec la force de mon coeur par mes mains ou ma voix. Je n'ai jamais rencontré d'attention aussi soutenue que celle des quelques enfants différents que j'ai pu rencontrer. J'ai pu percevoir, sans l'ombre d'un doute, quelle est la puissance de la musique que je leur proposais. Puissance à soulager, à communiquer, à exprimer et à affronter la douleur de leur solitude... Ce qui est curieux, est pour moi de constater que ceci recoupe mon vécu de musicien. J'ai pu moi même sortir de mon mutisme grâce à cette écoute. J'en conclu que ces enfants disposent de ce que l'on appelle « sensibilité artistique ». Comme le savent les plus grands compositeurs, cette sensibilité est à « double tranchant » ; elle peut être insoutenable, elle peut être exaltante, elle est toujours intense, ce qui explique pour moi ces curieux comportements. Tout ceci je veux le dire, et, puisque ce sont ces enfants qui m'entendent le mieux, je propose une méthode de pratique musicale à l'attention de ceux qui sont à leur contact . Je suis également certains que tous les musiciens, les artistes pourront y trouver des indications de nature à les aider à progresser dans leur pratique ; nous avons beaucoup à apprendre... COMMUNIQUER PAR LE SON, LA MUSIQUE ET LE RYTHME ? La perception, l'émission ensemble où à destination les uns des autres de sons autres que la parole articulée est un moyen de communication utile et efficace, tout particulièrement quand notre interlocuteur ou nous-mêmes sommes dans lé;incapacité de « parler » dans le mode articulé et conventionnel. Nous disposons pour cela d'instruments de musique, dont notre voix. Par instrument de musique, il faut entendre tout objet susceptible d'entrer en vibration de façon contrôlée, notre voix peut n'être que le son de l'air dans notre corps (passe de bruit à son). Pour se faire une première idée de l'objet de cette méthode, il suffit d'observer attentivement les réactions d'un nouveau né quand il perçoit de la musique ; il réagit dans l'ensemble de son corps ; le son semble pour lui un phénomène intérieur ; il entend dedans. Dans cette situation un musicien attentif saura qu'il doit maîtriser son expression au risque de susciter chez son auditeur un profond et dangereux malaise. Cette faculté « d'audition intense » n'est pas présente que chez les musiciens de haut niveau, mais aussi chez des personnes qui n'ont pas l'usage de la parole articulée et celles qui sont dotées d'une sensibilité plus fine soit par disposition naturelle soit par apprentissage. Elle peut apparaître spontanément lors de chocs artistiques, d événements affectifs, d'accidents émotifs. Cette faculté peut être acquise, par la pratique musicale, par l usage du son maîtrisé, mais surtout par l'écoute. Il faut préciser que dans le but que nous recherchons, le verbe écouter est doté de deux « sens » indissociables : Ecouter le son et écouter l'autre, le destinataire de notre « musique ». Nous pouvons observer ici encore que le musicien qualifié de « haut niveau » est toujours anormalement réceptif à son public ; la qualité de l'écoute du public influe sur son expression. ( Voir Gleen Gould ) Il s'agit bien de communiquer : émission et réception. Cette méthode trouvera particulièrement son intérêt quand elle sera utilisée à destination de personnes souffrantes sans pouvoir exprimer cette souffrance, leur demande d'aide et de soutien : enfants « isolés », personnes en fin de vie, situations où la communication « articulée » est impossible : différences de langues ou rapports conflictuels. Elle s'adresse donc à tous.
LANGAGE OU LANGAGES ? Le mode de communication le plus simple serait de pouvoir adresser à notre interlocuteur une image vivante lumineuse et sonore représentant ce que nous voulons exprimer... Il nous adresserait son message par retour de la même façon. Le langage articulé serait-il pour autant inutile ? Ou la notion de langage comprend elle un sens beaucoup plus vaste ? Le son articulé est verbe créateur ; le verbe créateur doit s'exprimer en nous ... la musique est à l'heure actuelle notre meilleur moyen d'expression ; bien plus précis et puissant que nos mots et nos paroles . La vibration musicale construit un monde autour de nous, tout particulièrement lorsque nous la produisons nous même ou l'entendons se produire ; ce monde est perceptible. Réel. Ce monde se crée également par notre écoute d'un enregistrement ; c'est nous-mêmes alors qui le créons, en solitaire... Quel dommage ! Nous pouvons presque communiquer de la façon idéale en question. Lorsqu'un morceau de musique nous « touche », quel que soit son élaboration, nous « formulons ». Ave Maria, berceuses de notre enfance, sonate de Mozart ou chant d'un berger trouvent écho en nous, nous entrons en résonance : Nous produisons une forme sonore vivante. Hymnes nationaux, tambours de guerre, musique punk, sonnerie aux morts trouvent aussi leur écho en nous... Les artistes perçoivent ces formes ; ils peuvent les apprécier, ils savent parfois les reproduire et les communiquer, puis en créer de nouvelles. Bien sûr, elle demande ce que l'on nomme la « sensibilité artistique ». Si vous croyez ne pas avoir cette « sensibilité artistique », c'est qu'elle sommeille en vous, ou que vous seriez un bon sujet pour l'application de cette méthode. Analysez vos blocages ; imaginez-vous chanter un air d opéra devant deux milles personnes, faire un discours à la télévision, courir nu dans la rue ; si vous éprouvez quelque chose, c'est que avez déjà fait un pas. Vous éprouvez pour chanter les mêmes difficultés que l'enfant pour parler. Certaines situations procurent cette sensibilité ; émotion intense, choc affectif, approche de la mort, impossibilité de parler : les malades, les bébés, les enfants « seuls » ... L'écoute, l'interprétation seul ou en groupe, avec ou sans auditeur, la composition, l'improvisation prennent un autre sens. COMMUNIQUER AVEC LES ENFANTS SEULS - BUT RECHERCHE Ce travail doit déboucher sur une méthode dont l'objet est de pouvoir percevoir l'expression d'un message de détresse, et proposer une aide à une personne en souffrance n'ayant pas les moyens « conventionnels » d';exprimer sa douleur et sa demande. Soit qu'elle ne le peut pas par incapacité physique, soit par un isolement « psychique » plus ou moins volontaire. Les enfants définis comme handicapés mentaux mais aussi les bébés et enfants encore incapables de parler selon mon expérience, mais aussi vraisemblablement les personnes en fin de vie, et bien sûr : chacun dans son incapacité à se faire entendre. Moi même, j'éprouve en rédigeant ceci une grande difficulté qui est la peur de ne pas me faire entendre, j'éprouve quand je joue de la musique une sensation de nudité dans le sens où je dévoile mon intériorité, j'ai peur de ne pas être à la hauteur de ma volonté d'expression, pourquoi tout ce bruit qui couvre mon discours ? Ces sensations, je les observe chez ces personnes incapables de parler comme chez la plupart d'entre nous qui sont incapables de chanter, même seuls... Les applications vont de soulager la souffrance immédiate, à l obtention par la personne isolée d'un moyen de se faire comprendre et formuler sa demande : la musique aide à formuler notre réponse. Elle s adresse à tous ceux qui sont face à ces situations, à quelque titre que ce soit, dans la mesure où éprouvent, par compassion, cette souffrance et veulent apporter un soulagement. Ce terme de compassion peut sembler désuet, mais il faut songer qu'il veut dire « souffrir avec... ». D'autres choix sont possibles face à la souffrance : l indifférence contrôlée , la fuite , la peur... Par contre, pour les personnes « isolées » que j'ai pu rencontrer, la musique m'a permis de trouver des points de contacts, un canal de réception, un moyen d'expression, un moyen d'action face à leur détresse. Plusieurs facettes vont me permettre de m’exprimer ; le musicien passionné, l'instrumentiste, mais aussi le père qui parle en moi dans le sens d'un don de soi inconditionnel. Je vais pouvoir m'adresser au mélomane, au musicien, et au musicien que chacun peut faire émerger en soi. Je cherche à ce que ce qui suit soit le plus simple possible. Pour cette raison, j’évite au maximum de faire référence à ma culture, à mon fond musical. De même, je ne cherche pas à démontrer, à persuader ou avoir raison. Certains phénomènes abordés sont pourtant passionnants : la hauteur du diapason, la tonalité, la pratique instrumentale. Je préfère ne pas m'engager dans cette voie qui pourrait limiter ceci à une polémique de spécialistes. De même afin de ne pas alourdir mon propos j'évite de présenter trop d'exemples. Ceci doit être une méthode, pas un catalogue. D'autre part, je n'ai aucune connaissance médicale, je ne cherche donc pas à guérir mais à entendre. Nous nous intéresserons donc aux vibrations sympathiques, nous allons essayer de découvrir le sens de, dans le sens musical du terme : vibrer en sympathie. Autisme musique : Au Diapason Auteur Jc VERDIN Avril 2003 TELECHARGER LE DOCUMENT format Word7
INTRODUCTION A LA METHODE : AU DIAPASON ! La musique dont il est question ici, est définie de façon très simple : il s'agit d'émettre un son organisé , avec une intention, à une attention donnée. Les techniques ne sont que des moyens supplémentaires pour nuancer l'expression. En aucun cas une fin en elle même. La pratique, certains diraient l'ascèse musicale, nous aide à résoudre nos « points durs » ; physiques, émotionnels et intellectuels en procurant les moyen d'un « alignement » de ces aspect de notre être qui sont si difficilement compatibles, ceci afin que puisse s'exprimer notre liberté, notre faculté de communiquer et de créer. La pratique comprend l'écoute et l'expression musicale. Oui ! l'écoute ! Car il existe une écoute active : une écoute d'émission une écoute active ! ECOUTE ACTIVE ? Au moyen de l'écoute active, nous donnons forme à la musique par une représentation imagée, gestuelle, par l'expression du souffle, par la matérialisation de nos rythmes. La combinaison du rythme et de la mélodie offre un ensemble de repères dans l'espace et dans le temps : plus loin, plus haut, au fond, devant etc. ...Mais aussi plus clair, plus fort, plus doux ... Un exercice comme observer les grains de sable mis en mouvement par un haut parleur nous aide à visualiser la forme sonore. Cette vision serait-elle transmissible ? Tout ceci doit rester très simple La musique est la vie .Nous sommes des instruments de musique. Connaissez vous cette expérience qui consiste à obtenir des formes géométriques sur du sable posé sur une plaque de métal mis en résonance à l'aide d'un archet ? Savez vous que les phénomènes lumineux, sonores, radio se trouvent régis par les mêmes lois : des octaves ; des harmoniques : qu'une couleur a « sa » note, mais aussi le rocher, l'arbre, tout ce qui vit, tout ce qui est. Voici les trois axes sur lesquels va se développer notre pratique. La loi des octaves : c'est très simple : la huitième note, l'octave, double la fréquence ; ceci à l'infini. (et bien sûr divise la fréquence par deux quand nous descendons vers les basses). Les harmoniques : Tout corps en résonance émet une note de base qui engendre une série de notes à intervalles constants : Toujours les mêmes : ceci forme l'accord parfait qui est la base de nos systèmes musicaux. C'est un phénomène naturel. La loi des vibrations sympathiques : des diapasons de même fréquence résonnerons alors qu'un seul d'entre eux sera « joué » Ces trois lois fonctionnent aussi bien au niveau de l'onde lumineuse, du son, de l'onde radio. Nous sommes des instruments de musique... La musique est énergie ! Quelques schémas en annexe pour illustrer ces trois lois. JOUER LE DIAPASON Le diapason est un objet « magique ». Il s'agit d'un objet métallique composé : d'une partie en U , d'une tige et d'une petite boule à la base. Il émet une fréquence bien précise qui sert, d'une part à accorder un instrument de façon optimale en rapport avec sa structure physique, d'autre part à ce que tous les instruments puissent jouer sur une même fréquence. Aujourd'hui cette fréquence est fixée à 440 hertz (la note que vous entendez quand vous décrochez votre téléphone). Cette hauteur change selon les siècles, les modes ; les musiciens baroques utilisent un diapason plus bas ( 420 Hertz) qui est compatible avec la structure de leurs instruments (plus fragile) et procure un son « rond » très riche en harmoniques. Les musiciens romantiques un diapason plus haut ( 450 Hertz) qui offre la possibilité de plus d'attaque et de brillant. Je ne connais personne qui ne soit sensible au diapason : l'objet lui même intrigue par sa forme. Une bonne séance de musique commence toujours avec lui. Tous sont intrigué par ce si petit maître, tout le monde veux jouer avec . Il n';a jamais été perdu malgré de si nombreuses prises en main . Il est invulnérable . Ensuite, quand nous comprenons qu'il nous permet de jouer
ensemble, à l'unisson mais aussi en harmonie, sa puissance
se révèle encore . Autour du diapason s'expriment
les plus belles visions d'unité et de respect. Les plus belles
prise de conscience . Celle de S a demandé une marche d'approche,
une mise en confiance jusqu'à ce qu'elle l'entende vibrer
en elle aussi bien que dans le bois de la table : une révélation
Faire sonner un diapason , c'est déjà « faire » de la musique . Comme nous l'avons vu, c’est une question d'intention .Essayez ! Vous observerez plusieurs phénomènes : Le diapason vibre, mais cette vibration ne prend son expression que lorsque on le met en contact avec un corps « résonnant » ( bois verre, métal ) . Nous trouvons un schéma en trois points : L'intention d'émettre, la mise en « action » ,et l'expression sonore grâce à un corps résonant extérieur . Faisons notre cette expression :Jouons le diapason et chantons cette note : nous la faisons vivre en « dedans » et en « dehors ».. Et encore, jouons le diapason et mettons le en contact avec notre corps ( sur une partie dense , le crâne ou un autre os ) . Chantons cette note . Cette fois nous émettons à partir d&'une référence intérieure . Le schéma devient : Intention ...... Mise en action...... Expression depuis notre « intérieur » . Maintenant, nous voulons chanter cette note à deux personnes (à l'unisson) ; nous avons deux possibilités : soit nous nous référons ensemble à la fréquence du diapason, soit l'un de nos fait sonner pour lui même le « La » puis le chante à l'intention de l'autre qui s'accorde à son tour . Essayez !
Imaginons le plus simple des instrument à cordes, ou plutôt à corde puisqu'il n'est composé que d'une corde tendue sur un simple support. Pour la faire vibrer, nous pouvons la pincer, la frotter avec un archet ou la frapper avec une petite baguette. Nous pouvons aussi changer sa tonalité en tendant plus ou moins la corde ou en plaquant et déplaçant un objet à des endroits différents sur cette corde. Essayons d'obtenir la note du diapason ; de nous accorder ; avez vous déjà prêté attention au son d'un orchestre qui s'accorde ? Nous pouvons procéder de la même façon avec nos interlocuteurs, tout particulièrement par notre attitude, en dehors du langage articulé. Notons au passage que nous avons la possibilité de le faire en tournant notre attention vers un objet commun. L'écoute d'un morceau de musique par exemple. Continuons et observons ce qui se produit quant nous plaçons notre doigt de la main gauche à l’exact milieu de cette corde, nous la pinçons avec l'autre main et lâchons aussitôt la pression. Nous entendons alors une note principale qui est à l’octave de la note de la corde à « vide », mais aussi ces fameuses notes plus aiguës, se sont les harmoniques. Nous pouvons obtenir ce phénomène en plaçant notre doigt au quart de la longueur de la corde. Observons encore ce qui se produit quand nous mettons en contact étroit notre monocorde avec un objet « résonnant », une table en bois par exemple. Le son est plus puissant et nous entendons mieux les harmoniques. (Voir le schéma en annexe ) S a cinq ans, elle ne peut pas parler (diagnostique : XXX). Son comportement révèle sa souffrance. Je joue de la guitare devant elle qui s'approche des cordes au plus prêt, pour les observer, sans bien sur les contrarier. Son attention se fixe sur des endroits précis , ces endroits correspondent aux points harmoniques dont il est question dans le « monocorde ».( ½, 1/3, ¼ de corde etc....) Jouons maintenant avec les objets qui nous entourent, en particulier les objets à forte capacité résonnante. (métal, verre...) Ecoute bien ce qui se produit quand tu fais sonner ce verre avec la pointe de ton couteau ; écoute ! A la note de base s'ajoutent d’autres fréquences (plus aiguës). Si la première note est un do les autres sont un mi ,un sol, un autre do : ce sont les harmoniques. Faisons les vivrer dedans, puis chantons. C’est l'accord majeur parfait. Le son d'un objet nous renseigne donc sur sa nature, sa structure ; c'est bien sa capacité à résonner qui nous le fait connaître. Tout un champ d'investigation s'offre à nous. J'ai observé ces enfants qui poussent des petits cris en permanence et je pense qu'ils utilisent ces cris pour explorer leur environnement sonore au moyens des échos qu'ils perçoivent en retour, sur les murs, les objets. Ils semblent rechercher ces endroits selon leur humeur et savent très bien où se placer pour profiter de telle ou tel caractéristique du lieu. De même, les jeux de percussions d'objets les renseignent sur leur nature. J'ai pris un réel plaisir à proposer à tous ces enfants les objets les plus incongrus comme jouets musicaux (bouteilles en plastique, morceaux de carton, et toutes sortes de papiers, couvercles métalliques de boite à gâteaux ...). Leur plaisir est évident, mais surtout, un lien s'établit entre le caractère du bruit et une intention : la bouteille d'eau en plastique écrasée le mécontentement, le bruissement du papier un appel à la douceur par exemple. De même, j'ai pu souvent observer des personnes à profession manuelle se renseigner sur la nature d'un matériaux en produisant des percussions avec les ongles sur le matériaux pour évaluer sa composition et sa résistance mécanique, sans parler des musiciens qui le font dans un but esthétique. IDENTIFIER ET CREER UN « FOND » Recherchons dans nos mémoires afin de créer un « fond » Quels sont ces morceaux de musique qui me parlent, me touchent, me bouleversent, me révulsent, me paralysent où me procurent une force inépuisable ? Recherchons dans notre mémoire d'enfant, le plus loin possible, quel est notre premier souvenir musical ? Mon premier souvenir musical conscient est le chant des oiseaux. Je me suis rendu compte récemment que le chant si simple des moineaux me plonge dans une introspection bienfaisante. Après recherches j'ai fini par en savoir plus sur ce premier moment musical ; probablement encore nourrisson, allongé, dans un jardin, ma famille autour de moi , la paix ! Il y a bien quelque part une berceuse, un chant appris à l'école, un cantique, peut être un hymne national ? (Une chanson douce , La petite hirondelle , Minuit chrétien, La Marseillaise ou L'Internationale ?) Nous observons que nous n'entendons pas ces morceaux de l'extérieur (avec nos oreilles) mais qu'ils vivent en nous. Ces musiques nous ont construits et continuent à nous construire, à nous structurer. Nous écoutons ici beaucoup la musique de Bob Marley. Principalement l'éte ; dans ces chansons, tout se conjugue pour qu'elles deviennent des sortes de cantiques que chacun reprend au gré de son humeur, de sa bonne humeur. Il faut maintenant répertorier ces airs, selon ce qu' ils évoquent en nous. Nous allons trouver une « grille », des « points », illustrant la gamme de nos sentiments. Le caractère de tel ou tel morceau n'est pas toujours déterminant dans le sentiment que nous éprouvons ; une valse peut correspondre à des souvenirs douloureux. Ce sentiment que nous éprouvons a bien une existence, une énergie qui lui est propre, que nous pouvons communiquer, transmettre, partager. De même nos musiques de paix nous permettent d'exprimer cette paix ; les notes ne sont qu';un moyen, un support. Ceci est particulièrement perceptible quand il s'agit des hymnes nationaux ; comment créer aussi puissamment une conscience collective, une attention tournée vers une même action, un idéal ? Il est important aussi de savoir que cette grille, ces points de contact peuvent être communiqués, transmis à d'autres personnes à même de poursuivre cette relation que vous aurez initiée. Qu'évoque pour moi l'hymne de mon pays, quand je l'écoute dans mon pays, quand je l'écoute à l'étranger, quand un sportif monte sur un podium ? Ceci nr'est qu'un exemple pour illustrer la puissance de la musique , parfois à notre insu (je n'ai pas d'affection particulière pour les paroles de la Marseillaise) Il s'agit donc de répertorier ces morceaux, dans un premier temps selon la nature du sentiment ou de la pensé qu'ils suscitent en nous. Dans un premier temps ils serviront à matérialiser, à manifester ce qui est en nous, pour nous-mêmes, afin de nous mieux connaître. Puis ils nous permettrons d'exprimer, de communiquer avec une grande précision quand nous les proposerons à l'écoute, soit par l'intermédiaire d'un disque, soit par notre propre production, chant ou instrument . Un autre exemple, cette pièce de Chostacovitch qui sert de bande son pour la pub-tv de la Caisse d'Epargne particulièrement bien réalisée. Des tableaux illustrant la succession des générations défilent : mes parents, mes enfants, la transmission, la nostalgie. Le but de ce spot publicitaire est de nous faire acheter un contrat d'assurance pour la sécurité de ceux que nous aimons. Qu';évoque cette musique ? Ou encore : comment écoutez vous les chants de Noël ? Nous allons inventorier nos musiques de paix, de guerre, de joie, de peur, d'amour, de haine, de souffrance, d'apaisement, de désespoir, d'aspiration ... Nous allons nous livrer à une écoute active : la musique va donner forme à notre vie intérieure, la matérialiser. Nos « critères de référencement » doivent être très simples et cohérents comme par exemple les quatre éléments, les saisons, le froid et le chaud, en bas et en haut, la lumière et les ténèbres ... Ecouter « the End » des Doors ou l'adagio pour corde de Samuel Barber . notre sentiment se concrétise, revêt une forme mobile, une existence ; il devient vivant : perceptible, mais surtout : il débute, se développe puis s'éteint . Il donne une forme ayant les attributs du vivant : naitre, vivre et mourir. Voici donc un moyen d'agir , de structurer, d'apaiser en utilisant cette temporalité : le début, l' existence, et la fin ...
ATTENTION ! Nous avons maintenant assez d'éléments pour jouer. Il s'agit bien de jouer. Mais, avant de commencer, je dois formuler ces quelques précautions à prendre. Ceci est de la plus haute importance. Nous allons mettre en place un moyen d'action d'une grande puissance : la prudence s'impose. Chez les personnes sensibles, un rythme répété peut provoquer une sorte de transe, d'état hypnotique ; il s'agit de ne pas jouer les apprentis sorciers. C'est pourquoi il convient de procéder avec prudence en évitant les séquences trop longues, trop intenses. Ceci est particulièrement dangereux avec les percussions. D'une manière générale, il faut veiller à ne pas rester trop longtemps sur une mesure ou un morceau entier ; nous devons travailler dès le début sur la diversité. Les musiciens passionnés, tout particulièrement, devront prendre garde de jouer à l'attention de quelqu'un et non pour eux-mêmes en essayant d'obtenir des effets spectaculaires. Nous devons adopter la modestie ; cette modestie qui semble si inconciliable avec notre passion et notre volonté d'exprimer. Prudence ! A est âgée de quelques mois, ses parents sont mélomanes. Le papa apprécie la guitare, en particulier les expressions puissantes, denses, musclées. Quel plaisir ! Je joue et ne porte pas assez d'attention à A qui pourtant vibre, au sens propre, je ne perçois que trop tard son malaise. Il a fallu plusieurs heures pour l'apaiser. E a 5 ans, diagnostique xxx, est très amateur de musique. Nous nous trouvons quatre ou cinq personnes en ambiance musicale avec des djumbés. Ev ( diagnostique trisomie) est très doué pour les percussions ; pour moi jouer avec lui est un vrai plaisir et nous partons dans une improvisation endiablée. Je ne prends pas garde à ce qu’éprouve E qui participe à sa façon à ce jeu. Je me rends compte qu'il se trouve dans un état d'excitation intense et douloureux. Il est impossible de la calmer par la parole ou les gestes, seul le discours du djumbé trouve un écho. Je reprends ce discours et parviens à l'apaiser en maîtrisant mon expression, en simplifiant, ralentissant et variant les rythmes (durée 20 minutes en tête à tête) . LA BERCEUSE . Maintenant que nous avons retrouvé cette chanson de notre plus lointaine enfance, ou que nous avons trouvé dans notre répertoire d'écoute ce qui correspond le mieux à une berceuse, nous allons pouvoir adresser un message d'apaisement à l'attention d’un enfant qui ne peut s'endormir. Il ne peut s'endormir car son activité est trop intense ; intellectuelle, émotionnelle, physique. Cette activité s'exprime par des signes, des gestes , des sons, son regard, sa fréquence respiratoire ; que suscite en moi cette activité ? comment s'exprimerait elle sous la forme d'o;un rythme de percussion, une phrase , une note ? Il faut éprouver intérieurement cette sensation musicale ; de cette façon, nous nous « accordons » avec cet enfant . Deux notes chantées suffisent pour ce que nous voulons faire ; chantons-les ; intuitivement. Mais si, vous pouvez ! Deux notes pour commencer, c'est tout. Maintenant, ces notes vont varier en durée, vont se dé doubler, se dé tripler, le rythme peut s'accélérer puis ralentir. N'oubliez pas de faire référence à ce vous cherchez vous-mêmes dans une berceuse. Il y a de grandes chances pour qu'une chanson entière prenne forme, probablement votre berceuse. Votre enfant s'endort en paix. S a beaucoup de mal à se calmer pour s'endormir, je l'installe dans un endroit à faible résonance, et lui propose une gentille petite balade en arpège (son harpe), ce qui provoque chez elle un surcroît d'excitation ( ?) . Elle crie, saute dans tous les sens, donne des coups de pied et de tête. Je change de répertoire pour quelque chose de rythmiquement plus marqué; syncopes, contre temps et simplifie à l'extrême l’expression mélodique. Ses mouvements se font mois violents. J'essaye de revenir à plusieurs reprises à plus de douceur sans résultat. Le calme ne viendra que de façon très progressive, je vais devoir transformer un discours musical presque violent en cette berceuse. Il me faudra plusieurs fois durcir mon rythme, puis l'adoucir et revenir encore selon ce que je perçois chez elle en écho. Je n'ai pas évalué le temps qu'a demandé cette « intervention », mais S' s' est endormie. Les jours suivants, cette première partie douloureuse se réduit et disparaît laissant place à des berceuses comme nous les imaginons tous, puis j'abandonne la guitare pour un chant très simple et de plus en plus doux... LE CHANT DE GUERRE . Avez vous votre chant de guerre ? Celui qui vient avec une rage intense ; une rage peut être justifiée. Bien utilisé, votre chant de guerre vous rend invulnérable, il vous permet de canaliser votre rage ou votre colère vers son objet. Il est des faits qui réclament notre colère, qui demandent des actions fortes. Si je ne contrôle pas l'énergie produite par ma rage, elle me détruit de l’intérieur. Trouvez votre chant de guerre, apprenez à le produire mais attention avant de le proposer ! B est un garçon d'un dizaine d'années. Il est aveugle, souffre de divers handicaps, parle très peu. Sa fragilité est frappante. J'apprends qu';il chante toute la journée. Nous nous trouvons face à face et un jeu s'instaure , il me propose une chanson , si je la connais je la lui joue aussitôt sur la guitare, si je ne connais pas ; il doit chanter et je reprends. Son répertoire est très large. Un morceau le touche tout particulièrement : la musique du film Rocky avec Sylvester Stalone ( n imagine le caractère de ce morceau qui est utilisé en publicité et en communication pour stigmatiser la lutte, l'énergie indomptable, le défit du combattant solitaire). Il s'agit de trois accords martelés avec force. A leur écoute, B semble « s’ expanser » ( s' ex-penser). C'est son chant de guerre ...Il est heureux , relève la tête, sourit. LES MARCHES FUNEBRES Une vraie marche funèbre n'est pas morbide. Celles que je connais sont dotées d'une toute autre efficacité : en résolution d'une première partie intensément douloureuse vient toujours un accord, un thème, un rythme résolument réconfortant, porteur d 'espoir, de force ... (Marche funèbre maçonique de Mozart, Fantaisie Hélégiaque de Sor, Tombeau pour luth de De Visé, Mort de Siegfried de Wagner, Marche funèbre de la symphonie héroïque de Beethoven).
Une dizaine de morceaux suffisent pour constituer notre répertoire d'écoute pourvu qu'ils puissent illustrer nos sentiments, nos pensées, et ce, avec des nuances d'intensité et de variété. De la musique instrumentale et vocale. Avec les enfants, ma préférence va vers des compositions simples, des instruments traditionnels, qui offrent à des sons de matériaux naturels : famille des cordes pincées, en particulier les instruments proches de la voix humaine : violoncelle et guitare. Les instruments comme le balaphon africain conjuguent les sons du bois et de la terre, la percussion et la mélodie. Le chant à capella en solo est très direct dans son expression, tout particulièrement quand les paroles sont dans notre langue d'origine. Il faut garder à l'esprit en créant ce répertoire d'écoute, que nous allons être amenés à le produire nous-mêmes. Je préfère personnellement les instruments qui procurent un contact direct avec la vibration : le corps doit être en contact et tout particulièrement le bout des doigts ou la position des lèvres sur l'instrument à vent. Les claviers sont bien commodes, mais il s'agit déjà d'une mécanique voir d'informatique ; il ne me procure pas cette sensualité du toucher. A l'opposé, les percussions (djumbés, tablas ...) impriment une vibration dans l'ensemble du corps. Si elles correspondent à une pratique musicale de groupe (j'imagine un stage de motivation de cadre commerciaux ...), les effets peuvent être surdosés dans le cadre qui nous intéresse. Le musicien devra être vigilant de ne pas rester sur son « dada » du moment. Nous sommes tous comme cela, nous sommes fascinés par notre dernière trouvaille ... LES CONDITIONS Il s'agit maintenant de créer les conditions pour un contact avec votre interlocuteur. Votre niveau de disponibilité à l'un et à l'autre sont déterminants, nous pouvons agir sur les conditions de cette mise en disposition. Il est très important que la musique soit et demeure un moment d’exception ; il ne s'agit pas d'être environné en permanence de musique. Ce moment doit être voulu et attendu (ce qui n'exclut pas bien sûr le plaisir et la force de la surprise ). Comment vivez-vous ces ambiances sonores dans les magasins, les ascenseurs, les parkings souterrains , au restaurant ? Pour moi elles sont une véritable agression, et pour eux ? Une des conditions à obtenir est de jouer, de pratiquer la musique de façon périodique, régulière, si possible tous les jours à la même heure, ou le même jour de la semaine.
Si votre interlocuteur est particulièrement farouche, il serait difficile de n'envisager que la musique, vous et la personne. Il peut être souhaitable qu'une deuxième activité se déroule parallèlement, détournant ainsi cette attention si vive qui émerge par la musique dans les relations. La voiture est un bon endroit pour cela puisque chacun regarde la route. La première écoute peut très bien se passer de toute action concrète ; il s&'agit simplement d';écouter, mais des réactions peuvent aussi émerger. C'est à vous de savoir : sur quelle base vous voulez communiquer, et surtout où vous devez vous arrêter. Ah a une trentaine d'années. Il vient d'arriver chez nous pour un séjour visant à le libérer de sa toxicomanie (produits durs). Il a passé son enfance en Algérie, il est musulman. C 'est l'époque de Pâques, Arte retransmet la Passion selon St Mathieu de Bach en direct de Leipsig... Ah est frappé par la ferveur des musiciens et nous en venons très rapidement à évoquer la Passion du Christ, la souffrance de l'homme, le sang, le reniement et les larmes de Pierre : au-delà des mots, l'expression musicale est déterminante dans notre conversation. Cette base nous servira de référence pour aborder sa souffrance et sa reconstruction. Avec les enfants, les premières rencontres ont été très courtes ; la prudence étant d'ailleurs de leur fait car ils interrompent d'eux-mêmes le jeu, ce qu'il faut bien sûr respecter. Il faut aussi songer au fait que l'acuité auditive varie d'une personne à l'autre. Ces enfants sont particulièrement « auditifs ». E aime beaucoup la musique, il a très vite compris que cela constitue un moyen de communication, que je me sers de son intérêt pour lui dire quelque chose. Parfois, E veux sortir de sa solitude, il s'approche et écoute. Souvent il refuse cette intrusion . Plus je suis concentré et absorbé par mon instrument, plus cela est facile pour lui. Si ma concentration se rompt, il s'enfuit et écoute ... de loin. L'ENVIRONEMENT Il est très utile de s'intéresser à la résonance de l'endroit. Murs en béton, verre, carrelage, angles des pièces procurent une ambiance réverbérante. Le plâtre, la moquette, les rideaux donnent une couleur mate, sans résonance. La première situation favorise l’émission d'harmoniques, « allonge » le message, la deuxième favorise le moment, l'instant, est plus concrète.... L'idéal est de pouvoir disposer de deux endroits différents ou de pouvoir contrôler cette résonance, avec des rideaux par exemple. Les lieux à écho sont particulièrement intéressants, à l'idéal en montagne, mais on peut trouver en bâtit des situations intéressants ; caisses de résonance, murs parallèles, tuyauteries creuses ... Vos enfants autistiques connaissent ces endroits et les explorent par leur cris, à la façon d'un sonar. Faites comme eux (cela peut être aussi en produisant un bruit percutant, avec vos clés par exemple). Ces endroits sont de nature à nous faire prendre conscience de notre voix, de notre son. J'ai plusieurs guitares qui restent et « vivent » en permanence avec nous. Aussi, quand je joue sur une des guitares, les cordes à vide des autres entrent en résonance par sympathie. Les enfants en question perçoivent ce phénomène si riche d'enseignement. De même, les guitares sonnent quand nous parlons et émettons les notes qui correspondent aux cordes à vide. Beaucoup d'autres objets procurent ces phénomènes : casseroles en cuivre suspendues dans la cuisine, vitres en verre sans mastic, le pied de la lampe halogène la grille du four, l'abat jour ... De même, l'ambiance lumineuse peut elle être mise en relation avec votre musique. L'idéal est bien sûr le rayon de soleil entrant dans la pièce. Une infinité de jeux peuvent se dérouler ; une lumière rasante procure un contraste différent d'une lumière plongeante, on peut jouer avec les ombres portées de la main jusqu'à obtenir des ombres chinoises en relation avec l'expression musicale, on peut jouer avec le reflet de la lumière sur un miroir ou tout autre surface réfléchissante ( essayez le papier aluminium, la carafe d’eau, la bouteille en plastique , tout ce qui vous tombe sous la main ; et recréez en phénomène lumineux ce que la musique éveille en vous . Un jeu formidable consiste à disposer dans le rayon lumineux une assiette remplie d'eau, d'obtenir un reflet de cette eau sur un mur ou le plafond de la pièce , et d'imprimer a ce reflet le mouvement de la musique, le mouvement du son . Il suffit par exemple de marquer le rythme sur le bord de l'assiette pour que le reflet devienne mobile ; vivant ... Le « must » est pour moi à ce jour les prismes et surtout la surface des disques « laser » qui décomposent la lumière blanche ; le spectre de l'arc en ciel apparaît. Cette expression chromatique permet également une infinité de jeux lumière - musique, à commencer par chanter chaque couleur (le do c'est le rouge). Selon l'angle de réfraction, plusieurs « arc en ciel » peuvent apparaître ; nous avons plusieurs octaves ! Ici encore, la lumière comme la musique nous procurent la notion de temps : toujours à la même heure, avec le même angle de lumière, quelque chose apparaît, vit et disparaît pour revenir aussi sûrement que la lumière revient chaque matin ou chaque printemps. Songez à ce que la formulation de ceci peut avoir d'apaisant face à nos peurs les plus profondes. Il en va de même pour cet enfant, vous venez de le lui dire, alors même qu’il ne pouvait pas exprimer son angoisse. Mais le pouvons nous nous même ? La stéréophonie est très intéressante pour aider au positionnement dans l'espace : veiller à positionner les haut-parleurs de façon à mettre en valeur les deux points d'émission du son. Faites des essais et trouvez le meilleur endroit pour profiter du phénomène qui illustrera gauche /droite mais aussi , avant /arrière. LE GESTE Nous allons maintenant nous efforcer de transcrire cette musique avec notre corps ; tout simplement avec nos gestes ; la main suffit à évoquer les courbes de la musique : « ce qui compte dans la musique c'est la courbe » nous dit JS Bach. Le pied suffit à marquer le rythme. Une danse exubérante me semble personnellement inopportune, mais pourquoi pas, si elle illustre ce que la musique évoque en vous. N'oubliez pas cependant que votre message doit être intelligible et sincère. Après plusieurs écoutes, nous disposons avec notre interlocuteur d’une « grille » de référence. Nous avons des points de contacts, une culture commune à laquelle nos allons pouvoir faire référence dans nos communication. Ces références sont transmissibles. Je vous laisse interpréter ceci : Le jeux musical préféré d'E est de venir coller sa bouche parallèlement à la votre , joue contre joue et émettre un « Aaa » résonnant dans sa bouche dont il contrôle la forme pour obtenir ce résultat. Vous devez lui répondre en faisant la même chose ; les sons se conjuguent ... Dans le film « Rencontre avec des hommes remarquables », le but d'un concours est de faire entrer en vibration des formes rocheuses en montagne, par la puissance de la voix. Bien sûr le vainqueur est considéré comme un maître. Plusieurs possibilités s'offrent à nous. Nous pouvons tenter une écoute commune, sans cette activité parallèle que nous avons évoqué ; une écoute dans la même direction. Nous pouvons commencer à chanter certaines phrases, qu'il s'agisse de chant vocal ou de partie instrumentale. Explorons tour à tour les instruments et les différentes voix du morceau et repérons ces points de contacts en observant indirectement notre compagnon. De ces écoutes va sortir son répertoire ... Eh ! toi le musicien !, je t'interpelle ! N'oublie pas que c'est de SA musique dont il s'agit et non de la tienne, ce n'est pas toi qu'il faut regarder mais lui !
Les enfants peuvent alors m'observer de prêt, parfois de très prêt, sont ils intrigués par mon état de conscience si bizarre ? . Plus je suis concentré, plus ils s 'approchent. C'est alors que je peux délivrer mon message qui bien sûr n'est pas articulé. Ce peut être simplement le fait que je leur veux du bien, que je les respecte. Cela peut être aussi l'occasion pour eux de comprendre que le souffle est un phénomène indispensable à l'expression, car contrôler son souffle est un impératif pour l'expression du phrasé quelque soit l'instrument. Un morceau chanté fonctionne de la même façon. Par contre, le sens des mots nous aide à les visualiser, à donner corps, sens à notre expression. Le fait de travailler l'expression musicale devant eux comporte des avantages inattendus. Le simple fait de vous tromper, de recommencer, de ne pas y arriver, puis de réussir, d'être satisfait de vous, sont autant de messages que les personnes en difficulté, quelles qu’elles soient, reçoivent comme un encouragement pour eux à commencer un travail d'acquisition et de reconstruction. LES DIFFICULTES Maintenant que vous êtes musicien. Il s"agit pour vous de chanter seul face à quelqu"un ... Vous comprenez maintenant pourquoi il ne peut parler ? Il va falloir contrôler le souffle, le geste, il va falloir faire démonstration de vos ... difficultés. Cela demande une grande mise en ordre intérieure et une grande modestie. Voyez comme votre émotion influe sur le timbre de votre voix mais aussi comme vous répondez maintenant à une attente. Les sourdines La sourdine est un dispositif qui permet de diminuer l'intensité du son d'un instrument. Sur un violon, il s'agit d'une petite pièce de bois que l'on applique sur les cordes ; ceci atténue la résonance. Ce système existe aussi sur les pianos, pour les cuivres c'est bien souvent la main de l'instrumentiste qui vient fermer partiellement le pavillon de l'instrument procurant ce son atténué, lointain... Eprouver une émotion intense, quelque soit sa qualité peut être comparé à la résonance de l'instrument. Nous cherchons bien souvent à atténuer ces manifestation ; pour ne pas souffrir, par pudeur, par convention sociale, mais aussi ,curieusement, par peur de l'expression du beau ... Comprendre et contrôler l'usage de la sourdine est indispensable. Les difficultés techniques ne sont pas les seules dans la pratique musicale ; il en est qui peuvent se dévoiler, toujours par surprise. J'ai pu observer que les toxicomanes ont dans leur approche de la musique les mêmes réflexes que dans l'usage de leur produit ; ils écoutent fort, en boucle, de façon exclusive (au casque) un morceau qui procure une sensation puis changent pour un autre dès que le premier a épuisé son « principe actif ». Il s'agit là d'une impression de surface, puissante certes, mais destructrice dans le sens où elle concentre sur soi même l'énergie produite artificiellement, et qu' elle agit comme une sourdine au niveau des sensations profondes. Cette approche n'engendre aucune expression de la part
de l'auditeur. Au mieux, elle est inaccessible, égoïste
inutile. LA FAMILLE Tenter cette approche avec les membres de ma famille et d'une manière générale avec mes proches m'est très difficile. Pourquoi ? Je crois que c'est parce que j'attends trop de retour ... Ceci pour illustrer les expressions : Attention et intention. Jouer à l'attention de quelqu'un c'est lui proposer mon message. C'est tout. Jouer à l'intention est charger la musique d'un message. Il y a ce que je veux dire, et ce que la situation de l'autre exige, du fait du mal être que cette situation lui inflige. Dans ce cas cela peut être de faire entendre à notre interlocuteur que nous percevons sa détresse. Notre attente vis à vis de nos proche est telle qu'elle trouble notre perception. Ceci rend plus difficile cette communication car le phénomène est amplifié des deux cotés : Nos intentions sont trop intenses dans notre volonté de bien faire, de faire plaisir, d'intensifier. C'est avant tout une question de moment. Cette intensité de communication va, pour moi, jusqu'à à prendre un caractère physiologique. Alors que ma fille ne pouvait encore parler, elle manifestait des demandes par des pleurs et des sons communs à tous les bébés, mais dotées d'une puissance en décibels assez remarquable quand son entourage n'obtempérait pas assez vite à son goût à ses demandes. J'ai toujours pu, à coup sûr faire une différence très nette entre sa colère et une réelle détresse. Dans ce dernier cas, le timbre de sa voix provoquait la vibration par sympathie d'un os de ma tête, sensation presque douloureuse avec pour résultat une action sans délai ... J'appelle cet os « l'os filial » . Ce phénomène ne s'est plus produit de cette façon dès lors qu'elle a su parler ... « What a wonderful world » Si vous voyez le sourire de Louis Armstrong en gardant les yeux fermés à l'écoute de cette chanson, tout est possible. JOUEZ ! Ca y est, vous êtes décidé, vous allez débuter une pratique instrumentale, la guitare par exemple (ce'nest pas un hasard) LA RENCONTRE Ici vont se rencontrer un enfant seul, un musicien expérimenté, vous et moi. Chacun va apprendre de l'autre. Notre travail est, curieusement, très semblable. Comment ça marche ? le coeur avant tout libérez le coeur ! L'enfant est seul parce qu';il ne peut ou ne sait pas parler ; il est différent, sa perception, son expression, son état de conscience n'est pas « normal ». Il n'a pas forcement le besoin de sortir de sa solitude, dans ce cas nous ne ferons que lui faire savoir où il peut nous trouver Le musicien expérimenté est lui aussi dans une situation délicate ; il s'est soumis à une discipline, à des années de travail, il s'est trouvé parfois face à des publics indifférents, indéfférents, hostiles ou évaluateurs de sa prestation. La technique a pris une telle part qu'elle peut ressembler à la quête de l'exploit, de la performance. Le musicien a des certitudes, c'est pourquoi il est seul, lui aussi. ( « Barbares, il ne comprennent rien à mon art ! » dit le barde) Pourtant il n'a qu'une envie, c'est de produire, de présenter, de formuler la musique ; celle qu'il interprète et celle qu'il essaye de créer. SA musique ... Vous êtes aussi un cas difficile ; vous faîtes face à cette solitude &agra |